Ă l’occasion de la dĂ©marche nationale Geninclusive, l’ESAT la Ganzau de lâARSEA a ouvert ses portes mercredi 10 juin 2026. L’objectif ? Valoriser le travail des personnes en situation de handicap. Entre savoir-faire rigoureux et parcours d’insertion, retour sur une journĂ©e positive qui met les travailleurs Ă l’honneur.
DĂšs 8h30, l’effervescence est palpable Ă l’accueil de lâESAT. Les visiteurs dont des familles venues soutenir leurs proches ont pu profiter dâun petit dĂ©jeuner de prĂ©sentation et visites guidĂ©es. Le point fort ? Chaque service est fiĂšrement prĂ©sentĂ© par deux travailleurs ambassadeurs de l’Ă©tablissement, rythmĂ© par les professionnels.
Un accompagnement sur-mesure pour 161 travailleurs
Le parcours de la visite dĂ©bute au magasin avec l’activitĂ© Recyclivre. Nicolas, qui travaille Ă l’atelier logistique depuis 3 ans, y rĂ©ceptionne et expĂ©die les commandes clients. « Je me sens super bien ici ! », confie-t-il. Ce poste lui permet de dĂ©velopper des compĂ©tences logistiques solides en vue de futures valorisations de diplĂŽmes. Ă ses cĂŽtĂ©s, HĂ©lĂšne, passionnĂ©e de livres, scanne et trie les ouvrages pour le site internet.
Rigueur, ergonomie et esprit d’Ă©quipe
Ă lâatelier mĂ©tallurgie et sous-traitance, la rigueur est de mise. Do Kien Phong nous explique avec le sourire comment il façonne le mĂ©tal. Ingrid rappelle l’exigence du site : « MĂȘme sâil sâagit dâun ESAT, la qualitĂ© du travail est trĂšs importante et les travailleurs doivent livrer des piĂšces conformes. » Pour Ă©viter la monotonie et valider de nouveaux diplĂŽmes et compĂ©tences, le moniteur Olivier organise des rotations rĂ©guliĂšres sur les diffĂ©rents postes.
L’ergonomie est aussi une prioritĂ© : Aya assemble des fermes-bouteilles sur un poste conçu sur-mesure pour Ă©viter les gĂȘnes physiques. Plus loin, JĂ©rĂ©mie (travailleur) et CĂ©dric (moniteur) collaborent sur la crĂ©ation d’Ă©tagĂšres pour des tĂȘtes de gondole de pharmacies. Warda nous montre la prĂ©cision requise pour le pliage de ces prĂ©sentoirs en carton recyclĂ©, un exercice idĂ©al pour la motricitĂ© fine. Dans cet atelier, les Ăźlots bougent chaque jour selon la charge de travail. Cette organisation organique crĂ©e une chaĂźne de solidaritĂ© oĂč chaque travailleur dĂ©pend du prĂ©cĂ©dent, poussant chacun Ă dĂ©velopper ses compĂ©tences.
Ă l’atelier conditionnement, l’exigence est sanitaire ; GrĂ©goire s’occupe de la mise en place des biscuits Fortwenger, tandis que son voisin prĂ©pare les Ă©pices pour le vin chaud. Dans les espaces de vie, GĂ©raldine veille Ă l’entretien de la salle de pause, tandis que Nathalie gĂšre la rĂ©ception et le tri du courrier de l’ESAT.
La visite s’achĂšve par le pĂŽle restauration. Une travailleuse nous dĂ©montre l’utilisation de l’autolaveuse avant de prĂ©senter la plonge et la buanderie. Puis nous avons la visite des locaux du self et des cuisines. Enfin, Christiane nous dĂ©voile le CatâĂtoile, un restaurant dĂ©diĂ© aux sĂ©minaires d’entreprises oĂč les travailleurs assurent le service Ă table (les repas Ă©tant confectionnĂ©s par le chantier d’insertion L’Ăle aux Ăpis).
Le but ultime de ces parcours reste l’insertion en milieu professionnel « ordinaire ». Si un travailleur quitte la structure, l’ESAT maintient un suivi et laisse toujours la porte ouverte en cas de retour. Preuve de cette autonomie rĂ©ussie : 20 travailleurs sont aujourd’hui externalisĂ©s au sein d’une entreprise pharmaceutique pour fabriquer des nettoyants pour lentilles de contact, accompagnĂ©s par un moniteur. Un excellent moyen de dĂ©velopper leur indĂ©pendance, y compris pour les trajets.
LâESAT la Ganzau illustre parfaitement les valeurs d’inclusion, de qualitĂ© de vie au travail et de savoir-faire. En proposant des services compĂ©titifs dans une multitude de domaines, lâĂ©tablissement contribue activement Ă lâĂ©conomie locale tout en valorisant pleinement les compĂ©tences et l’autonomie des personnes en situation de handicap.